Aujourd’hui, je voudrais vous raconter mon histoire d’amour pour le cinéma – la forme d’art la plus magique. A un tout jeune âge, la première et la plus forte impression sur moi a été faite par les films de Andrzej Żuławski. J’étais choquée. J’ai analyse ces œuvres, j’ai compris que le réalisateur montre à sa façon les problèmes des relations entre un homme et une femme.
Le monde du cinéma était si passionnant qu’il a éveillé mes meilleurs sentiments et aspirations et m’a encouragé à créer.
Toute ma vie consciente je vivais dans le cinéma et cela a marqué mon activité, a formé mon goût artistique et mes passions.
Le cinéma révèle l’univers intellectuel et émotionnel du réalisateur. J’ai appréhendé que le cinéma est une des possibilités d’immortaliser la personne, la vie humaine dans toute sa diversité. Ce que lui permet de ne pas sombrer dans l’oubli. L’art d’individu n’est pas vain. L’âme et l’esprit humains y sont imprimées.
« Ce qu’on garde pour soi, on le garde en vain, Dès qu’on est disparu, se transforme en rien, Ce qu’on garde pour tout le monde – à jamais restera, Sauvegardé pour toujours, il nous survivra! »
Ces propos de R. Tagore confirment mon idée.
Pour moi, la réalisation est quelque chose d’hypnotiquement attrayant. Ce métier est probablement le composant le plus compliqué de l’art du cinéma. Je traite très révérencieusement le travail de réalisation de films, parce que ce travail demande l’investissement de maximum de potentiel intellectuel et émotionnel, et encourage également l’amélioration de soi. Comme a noté Friedrich Hebbel: « La vie est un perfectionnement de soi sans fin ». Et je compléterai cette maxime par la déclaration de Gerhart Hauptmann: « La vie est une série presque ininterrompue de découvertes personnelles ».
J’ai compris la nécessité de raconter au monde mon concept de vie et de le présenter sous la forme artistique en réalisant mon premier court métrage. De partager avec le monde mes sentiments, mon expérience, mes pensées, car si » la science est la mémoire de l’esprit, alors l’art c’est la mémoire des sentiments ». Finalement, mes réflexions ont posé les fondations d’un court métrage en noir et blanc. Et dès que j’ai tourné mon premier film: « Une histoire l’amour tendre », j’ai eu l’impression d’être le spécimen le plus dangereux. Bien sûr, j’ai passé la première étape de l’arrogance créative inspirée, mais je me rends compte d’un monde immense de questions sans fin qui m’attend! Plus important encore, j’ai ressenti intuitivement que le film demande tout d’abord une immense imagination de réalisateur. Et ce n’est qu’après le montage que j’ai remarqué des choses que j’aurais tourné différemment!
Il me manque dans le cinéma moderne des problèmes de la relation entre l’homme et la femme, et leur recherche du bonheur. Et le bonheur est pareil à l’horizon qui s’éloigne en permanence. Mais le plus précieux en cela est l’envie même de le gagner ! C’est la recherche du bonheur qui est vraiment précieuse!
Le bon film doit être comme un songe… J’essaie de juxtaposer les scènes qui ne sont pas liées entre elles. « Ils se sont séparés et voilà, ils sont ensemble à nouveau… ». Et cette juxtaposition exprime l’idée d’un « grand désir »! Et le spectateur doit conjecturer: « Pourquoi n’en serait-il pas ainsi? » C’est comme un songe…
Je voudrais encourager mon spectateur à créer indépendamment l’idée du final dans son propre esprit, comme nous l’a dit Monsieur S. Eisenstein en personne.
Cordialement,
Olha Krylova